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N° 61 - 4ème trimestre 2001 MALADIES NEURO-MUSCULAIRES |
GÉNÉTIQUE, RÉÉDUCATION ET MALADIES NEUROMUSCULAIRES
Depuis quinze ans, la prise en charge au quotidien des maladies neuromusculaires permet de comparer lévolution de deux disciplines et leur représentation dans lesprit des personnes handicapées, du public et accessoirement des médecins : la génétique et la médecine de rééducation.
La génétique médicale a une représentation très forte grâce à son potentiel dinnovation, au dynamisme de ses spécialistes, à lenthousiasme soulevé par ses perspectives davenir et enfin à sa situation originale de sujet pour citoyen en mal de discussion sociétale (notamment à la suite de grandes célébrations télévisées).
La médecine de rééducation présente un déficit dans tous les domaines faisant la force de la génétique. Soit ! La médecine de rééducation doit gérer la crise en attendant la solution génétique avec ses effectifs et ses moyens. Soit ! La MPR a ses pôles dattractivité et donc ses secteurs de pointe, mais la prise en charge des maladies neuromusculaires réunit-elle tous les critères pour faire partie de ceux-ci ? La prise en charge des maladies neuromusculaires reste un exercice particulier au sein de la discipline avec, semble t-il, quelques difficultés dinsertion .
A la suite davancées pour la prise en charge (consultations pluridisciplinaires , compensation des situations de désavantage par un fond daide,services daccompagnement,consensus) la situation de lexercice stagne : pas de codification des traitements de base (massage, actif...), développement trop lent de nouveaux champs (podologie,équilibre...) absence, ou même disparition de lieu de référence (pôle dexcellence et laboratoire de recherche) contrairement à nos voisins (Grande-Bretagne, Pays-Bas). Certains problèmes évoquent même la régression : difficultés au quotidien pour trouver et motiver les acteurs en kinésithérapie, fermeture ou inaccessibilité des piscines, difficulté dadmission dans les centres hors secteur
Les consultations pluridiciplinaires ont permis un re g roupement bénéfique des malades éparpillés pour le diagnostic et le suivi mais nont pas toujours amélioré la prise en charge, chaque malade ne pouvant habiter près du centre de référence une fois la prescription effectuée .
La MPR, si elle a bénéficié de lélan associatif extraordinaire de lAFM lors de la décennie passée, na pas assisté à la création dune école, comme la vécu la génétique médicale ou même dautres domaines de la rééducation à diverses époques .
L erreur la plus dommageable serait dopposer, en terme de mise à disposition de moyens, la médecine dhier (la rééducation !) et la médecine de demain (la génétique). Rappelons-nous que cest cette alternative que vivent, malgré eux, les pays en voie de développement qui ne disposent pas de nos moyens et qui appliquent cette dichotomie.
Ch. GILARDEAU
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