LES EPICONDYLALGIES:
DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL, INTERET DE LA MEDECINE MANUELLE OSTEOPATHIQUE
Dr Ivan RADUSZYNSKI
INTRODUCTION
Les douleurs de la face externe du coude constituent un motif de consultation très fréquent. Elles ne sont pas lapanage du sportif et peuvent être provoquées par certaines activités professionnelles manuelles ou même par une activité ménagère dintensité inhabituelle. Globalement, une proportion équivalente dhommes et de femmes est concernée.
Les épicondylalgies posent un problème de diagnostic différentiel face à un patient présentant une douleur de la face externe du coude, car latteinte du tendon commun des épicondyliens nest pas la seule étiologie. Le rôle du médecin est avant tout de savoir en reconnaître lorigine, essentiellement grâce à lexamen clinique, parfois aidé dexamens complémentaires en cas de doute, afin de proposer un traitement adapté.
Nous insisterons plus particulièrement sur certaines causes (dysfonctions huméro-radiales, radio-cubitales supérieures, douleurs projetées dorigine cervicale, syndrome du défilé thoraco-brachial) car elles mettent en relief lintérêt thérapeutique des manipulations articulaires, désormais reconnues sous la dénomination de médecine manuelle-ostéopathie. Nous aborderons lapproche diagnostique médicale ostéopathique de ces dysfonctions avant de décrire les techniques de correction spécifiques, dont lintérêt réside surtout dans lefficacité et linnocuité, à condition quelles soient effectuées à bon escient et réalisées par un médecin ostéopathe expérimenté.
Un interrogatoire ainsi qu'un examen programmé minutieux, systématique et comparatif concernant le coude, mais également la ceinture scapulaire et le rachis cervical sont nécessaires pour faire le diagnostic étiologique. Les examens complémentaires, notamment radiologiques peuvent constituer une aide utile dans certains cas, mais sont loin dêtre toujours nécessaires. Ils sont toutefois indispensables pour l'analyse du rachis cervical avant toute manipulation vertébrale, afin d'éliminer une contre-indication et déviter tout risque d'incident ou d'accident, dont on sait que la fréquence est très faible et souvent surestimée (1 accident pour 1 million de manipulations cervicales (5) ).
Nous décrirons plus en détail les tableaux cliniques correspondant aux diagnostics accessibles à l'ostéopathie, ainsi que les conduites thérapeutiques correspondantes.
LES TABLEAUX CLINIQUES
Devant une épicondylalgie, cinq diagnostics principaux sont à retenir:
1/ La tendinite dinsertion des muscles épicondyliens (épicondylite vraie) est la cause la plus fréquente chez le sportif. Son mécanisme physiopathologique est une hyper-utilisation des extenseurs du poignet et des doigts (coude du joueur de tennis côté dominant, du golfeur côté non dominant). Latteinte du tendon du 2ème radial est la plus souvent rencontrée, mais elle peut toucher également les autres tendons.
2/ Une dysfonction articulaire huméro-radiale ou radio-cubitale supérieure est plus rencontrée chez le sujet non sportif. Elle est liée à des mouvements répétitifs ou violents de prono-supination (vissage, serrage...) aboutissant à des contraintes articulaires anormales. Lincarcération d'une frange synoviale dans la cavité articulaire, laltérations du ligament annulaire radio-cubital supérieur ou une dysfonction du ménisque huméro-radial expliquent le mécanisme physiopathologique.
3/ Une douleur projetée d'origine cervicale basse, pseudo-tendinite épicondylienne, secondaire à une dysfonction mécanique C5-C6 ou C6-C7. Celle-ci peut engendrer un syndrome dhypersensibilité téno-périostée. La dysfonction cervicale représente lorigine du trouble périphérique ou constitue un facteur prédisposant. Le sujet présente parfois des antécédents de cervicalgies mécaniques. Les tests ostéopathiques de mobilité du rachis cervical permettent de définir de manière précise la dysfonction selon les perturbations bio-mécaniques retrouvées et de proposer un traitement par manipulation spécifique.
4/ Un syndrome du défilé thoraco-brachial, pouvant parfois donner une douleur isolée de la face externe du coude, mais en règle générale associée à un cortège dautres signes,
5/ Enfin, une épicondylalgie neurogène, beaucoup plus rare, liée à la compression de la branche postérieure du nerf radial par laponévrose du court supinateur.
1/ LA TENDINITE VRAIE
DIAGNOSTIC
Le motif de consultation est une douleur de la face externe du coude survenant:
- au décours dune activité sportive (tennis, escrime, golf, etc.) pratiqué avec une intensité inhabituelle ou avec un matériel inadapté (technopathie),
- ou classiquement à la suite dun week-end de travaux ménagers .
La douleur peut revêtir un caractère inflammatoire marqué dans les tendinites hyperalgiques: douleurs nocturnes, irradiations le long du bord radial lavant-bras.
Lexamen clinique, toujours comparatif, cherche à reproduire la douleur spontanée par la pression, puis létirement passif, puis enfin la contraction active résistée de lélément concerné. On cherche ainsi à mettre en évidence les trois signes cardinaux de la tendinite.
1- douleur à la pression du tendon commun des épicondyliens, légèrement en avant ou au niveau-même de l'épicondyle, linflammation pouvant concerner le périoste recouvrant lépicondyle.
2- douleur à l'étirement du muscle, c'est-à-dire la flexion du poignet et des doigts associée à l'extension du coude,
3- douleur à la contraction contrariée du muscle:
extension contrariée du poignet coude tendu (deuxième radial),
extension contrariée des doigts coude tendu (extenseur commun des doigts),
supination contrariée (court supinateur)
inclinaison cubitale du poignet contrariée (cubital postérieur).

Photo 1 : Test dextension contrariée du poignet

Photo 2 : Test dextension contrariée des doigts
TRAITEMENT
Les considérations préventives sont fondamentales: elles concernent le matériel sportif utilisé (diminution du poids et équilibrage de la raquette, diminution de la tension du cordage, élimination des vibrations...), ainsi que la technique propre du geste sportif (modifications du revers, du swing...) et peuvent donc nécessiter laide de lentraîneur.
Le traitement médical curatif comporte de manière isolée ou associée, selon les habitudes de chacun:
- le repos sportif pendant au moins trois semaines, indispensable,
- la physiothérapie antalgique, notamment par ultrasons ou ionisations,
- les massages transverses profonds selon la méthode de Cyriax, à réserver aux formes chroniques ou rebelles en raison de leu caractère douloureux,
- la rééducation fonctionnelle des déséquilibres musculaires entre agonistes et antagonistes, en cas damyotrophie de sous-utilisation,
- linfiltration locale dun dérivé corticoïde associé ou non à un anesthésique local peut souvent être évitée et remplacée par la mésothérapie, méthode dont les intérêts essentiels sont linnocuité, en raison de lutilisation de petites doses danti-inflammatoires non-stéroïdiens par voie locale et lefficacité, le tendon traité étant très superficiel,
- limmobilisation stricte, rarement nécessaire, nest indiquée que dans les formes particulièrement hyperalgiques.
PLACE DU TRAITEMENT MANUEL OSTEOPATHIQUE
Certaines manoeuvres d'inhibition musculaire, de contracté-relâché ou les techniques de Jones, dites de "Counterstrain" (4) ont un effet positif sur le spasme musculaire. Néanmoins, les tendinites vraies ne constituent pas une bonne indication au traitement ostéopathique. Il sagit dun traitement adjuvant devant être associé aux autres traitements car, utilisées seules, il est malheureusement souvent insuffisant.
2/ LEPICONDYLALGIE ARTICULAIRE
Elle correspond à un dérangement articulaire huméro-radial ou de l'articulation radio-cubitale supérieure et fait suite, en règle générale, à des mouvements forcés et répétés du coude. Parfois, on observe cette épicondylalgie dans les suites dune entorse du ligament latéral externe ou dune luxation du coude, revêtant dans ce cas l'aspect d'une douleur séquellaire apparaissant dans les semaines qui suivent l'immobilisation.
DIAGNOSTIC
L'interrogatoire retrouve le plus souvent un surmenage articulaire (travaux de serrage ou de vissage, travaux ménagers...), parfois un traumatisme initial plus ou moins récent. Dans ce dernier cas, on devra pratiquer un bilan radiographique, si celui-ci na pas encore été effectué.
L'examen clinique retrouve une douleur à la palpation. Le siège de la douleur est situé plus bas que l'épicondyle et son tendon, au niveau-même de l'interligne articulaire huméro-radial ou bien sur le pourtour de la tête radiale.
Il faut étudier la mobilité active, passive et contrariée du coude.
La mobilité active est généralement normale.Les contractions contre résistance sont indolores: on ne retrouve pas les signes cardinaux de tendinite. Létude de la mobilité passive constitue le temps fondamental de lexamen clinique: il permet de poser le diagnostic dépicondylalgie dorigine articulaire. On évalue la mobilité passive en flexion-extension, en prono-supination coude fléchi et également en varus-valgus, sur un coude légèrement déverrouillé, afin den apprécier le jeu latéral. Enfin, on étudie le glissement passif antéro-postérieur de la tête radiale par rapport à la petite cavité sigmoïde du cubitus que lon stabilise. Ce dernier test affine lappréciation de la laxité du ligament annulaire radio-cubital supérieur.
Photo 3 : Test de mobilité du coude en varus-valgus
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Photos 4 et 5 : Tests de mobilité de la tête radiale
En effet, la laxité physiologique du ligament annulaire autorise un mouvement de glissement de la surface articulaire latérale de la tête radiale par rapport à la petite cavité sigmoïde du cubitus. Une rétraction ou une fibrose cicatricielle aura pour conséquence une limitation de la pronation ou de la supination.
Tous ces tests de mobilité seront effectués très soigneusement, de manière bilatérale et comparative, sur un sujet relâché, en évitant de provoquer la moindre douleur. La technicité de lopérateur est un élément important pour la fiabilité du diagnostic.
Dans les suites d'entorse, on assiste à une phase de cicatrisation capsulo-ligamentaire qui aboutit à des rétractions, voire à une fibrose tissulaire localisée. Dans les atteintes micro-traumatiques, on note un dysfonctionnement par incarcération dune frange synoviale ou un blocage méniscal. Quel que soit le mécanisme, il se produit une restriction partielle du jeu physiologique du coude qui aboutit à une augmentation des contraintes articulaires sur le cartilage et à la douleur.
Les douleurs sont donc la conséquence d'une limitation du jeu physiologique de l'articulation.
La traduction clinique de ces rétractions est une restriction de la mobilité passive du coude pouvant concerner un ou plusieurs mouvements articulaires physiologiques. Cest cette restriction de mobilité passive qui est lélément clinique spécifique définissant la dysfonction ostéopathique.
Ainsi,
- lorsque la restriction de mobilité concerne le varus, on définit une dysfonction du coude dite en valgus ou en latéralité externe,
- lorsque la restriction de mobilité concerne le valgus, on définit une dysfonction du coude dite en varus ou en latéralité interne,
- lorsque la restriction de mobilité concerne le glissement antérieur de la tête radiale par rapport à la petite cavité sigmoïde, on définit une dysfonction du coude dite de tête radiale postérieure. Cette dysfonction saccompagne dune limitation de la pronation,
- lorsque la restriction de mobilité concerne le glissement postérieur de la tête radiale par rapport à la petite cavité sigmoïde, on définit une dysfonction du coude dite de tête radiale antérieure. Cette dysfonction saccompagne dune limitation de la supination,
- lorsque la restriction de mobilité concerne la décoaptation globale de la tête radiale, on définit une dysfonction du coude dite de tête radiale supérieure.
- lorsque la restriction de mobilité est une subluxation inférieure de la tête radiale, on définit une dysfonction du coude dite de tête radiale inférieure. Cette dysfonction retentit sur le poignet et saccompagne dune limitation de linclinaison radiale.
TRAITEMENT OSTEOPATHIQUE
Il découle bien sûr du type de dysfonction, et donc des tests de mobilité. Le traitement vise la restitution de la fonction articulaire par ajustement spécifique de la mobilité limitée. On effectuera dans ce but une ou plusieurs corrections adaptées.
Ces manipulations articulaires devront obéir de manière stricte à la règle de la non-douleur, ce qui est le cas si les tests de mobilité ont été correctement pratiqués. Toute mise en tension douloureuse contre-indique la manipulation et doit en premier lieu remettre en question le diagnostic.
EXEMPLES DE TECHNIQUES DE MANIPULUTIONS OSTEOPATHIQUES
- coude en latéralité interne: manipulation en valgus
- coude en latéralité externe: manipulation en varus
- tête radiale antérieure: manipulation en flexion-supination

Photo 6 : Technique de correction dune tête radiale « antérieure »
- tête radiale postérieure ( la plus fréquente):manipulation en extension-pronation
Photo 7 : Technique de correction dune tête radiale « postérieure »
- subluxation inférieure: manipulation en inclinaison radiale du poignet

Photo 8 : Technique de correction dune tête radiale « inférieure »
- défaut de décoaptation (tête radiale « supérieure »): manipulation en décoapatation axiale.
Photo 9 : Technique de correction dune tête radiale « supérieure »
Dans tous ces cas de figure, il ne faudra pas omettre lexamen du poignet et de la radio-cubitale inférieure, articulation mécaniquement liée à la radio-cubitale supérieure.
3/LA PSEUDO-TENDINITE D'ORIGINE CERVICALE
DIAGNOSTIC
Connue depuis les années 1950, elle a été étudiée par R. Maigne (2). La symptomatologie fonctionnelle est souvent très proche dune épicondylite vraie: la pseudo-tendinite épicondylienne se manifeste par une douleur de la face externe du coude, parfois associée à une cervicalgie.
A l'examen clinique, la mobilité passive du coude est normale. On retrouve une douleur à la palpation de linsertion téno-périostée, mais le fait marquant est l'absence de signes isométriques, c'est-à-dire l'absence de douleurs provoquées par les contractions contrariées des muscles épicondyliens.
Devant une douleur téno-périostée siégeant sur lépicondyle et en labsence de signes isométriques, on doit rechercher une dysfonction du rachis cervical. Celle-ci se retrouve à l'étage C5-C6, ou bien C6-C7. Elle peut être "active" et donc douloureuse ou bien totalement asymptomatique au moment de lexamen avec absence de cervicalgie.
En médecine manuelle ostéopathique, la technique de recherche de cette dysfonction est fondée sur les tests de mobilité passive du rachis cervical, car ce sont les seuls tests qui permettent de définir le mouvement physiologique limité et de poser lindication de la manipulation spécifique nécessaire à la correction.
Plusieurs techniques de tests sont possibles:
1/ tests analytiques segmentaires, en position assise ou en décubitus dorsal:
- test en flexion: la main évalue l'écartement des épineuses,
- test en extension: la main évalue le rapprochement des épineuses,
- test en inclinaison latérale droite et gauche:
- évaluation de la mobilité segmentaire en convergence articulaire du côté de linclinaison latérale et de la divergence articulaire du côté opposé,
- test en rotation droite et gauche:
- évaluation de la mobilité segmentaire en convergence articulaire du côté de la rotation et de la divergence articulaire du côté opposé,
2/ tests combinés en décubitus dorsal (4):
Ils permettent d'arriver au diagnostic du type de dysfonction articulaire étudiant les variations du mouvement segmentaire dinclinaison latérale, dabord en position neutre, puis en flexion et enfin en extension.
Tout comme pour les tests de mobilité du coude, tous ces tests doivent être effectués par un opérateur expérimenté à la technique ostéopathique, sur un sujet au préalable relâché grâce à des manoeuvres de mobilisations douces et détirement musculaire.
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Photos 10 et 11 : Tests de mobilité combinés du rachis cervical inférieur
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Photos 12 et 13 : Tests de mobilité combinés du rachis cervical
inférieur
Recherche de dysfonction en divergence articulaire
On aboutit ainsi au diagnostic de:
- dysfonction dite en « convergence articulaire », si la limitation de mobilité concerne le mouvement de divergence, ou
- dysfonction dite en « divergence articulaire », si la limitation de mobilité concerne le mouvement de convergence.
Ces dysfonctions peuvent concerner soit létage C5-C6, soit C6-C7.
TRAITEMENT OSTEOPATHIQUE
Dans ce cas, le traitement consiste en l'ajustement spécifique de la lésion cervicale, après avoir éliminé les contre-indications, notamment par la pratique des tests cliniques de provocation et après étude radiologique.
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Photos 14 et 15 : 2 exemples de techniques de corrections pour
dysfonctions mécaniques cervicales :
dysfonction en « convergence » dysfonction en divergence .
4/ LEPICONDYLALGIE DORIGINE THORACO-BRACHIALE
DIAGNOSTIC
La symptomatologie douloureuse est la conséquence d'un conflit dynamique entre certaines fibres issues du plexus brachial et les éléments du défilé ostéo-musculaire de forme quadrilatère constitué par les muscles scalène antérieur en avant, scalène moyen en arrière, la clavicule en haut et la première côte en bas.
En pratique quotidienne, on retrouve cette forme clinique chez des sujets présentant des contractures permanentes des muscles cervicaux (trapèzes supérieurs, splénius, scalènes) générées par une mauvaise position de travail (ordinateur) ou secondaires à une cyphose dorsale haute.
Cliniquement, la douleur ne se limite pas au compartiment externe du coude et s'étend en fait à un territoire plus vaste pouvant aller de la face antérieure de l'épaule et du bras à la face externe de l'avant-bras. Cette douleur saccompagne classiquement de paresthésies. Souvent ces douleurs sont confondues avec une névralgie cervico-brachiale, mais contrairement à une radiculalgie, il ny a jamais de caractère impulsif à la toux ou aux manoeuvres qui augmentent la pression dans le L.C.R.
Le diagnostic sera évoqué si les symptômes apparaissent ou s'aggravent lors de certains mouvements ou de certaines positions prolongées du bras comme labduction associée à la rotation externe du bras.
L'examen clinique retrouve un signe dADSON positif: abolition ou diminution d'intensité du pouls radial lors du maintien du membre supérieur en abduction-rotation externe. On pourra sensibiliser la manoeuvre en lassociant soit à une inspiration profonde, ce qui permet de recruter les scalènes, soit à une inclinaison controlatérale du rachis cervical.
EXAMEN OSTEOPATHIQUE:
On pratiquera plusieurs tests de mobilité articulaire:
- tests de mobilité concernant la charnière cervico-dorsale: C7-D1, D1-D2, à la recherche dune dysfonction inter-vertébrale.
- test dévaluation comparative de la mobilité de la première côte droite et gauche, lors des mouvements dinspiration et dexpiration forcée. Une restriction de mobilité de la première côte à une influence directe sur le défilé thoraco-brachial pouvant créer le conflit.
- tests de mobilité de la clavicule (articulations sterno-claviculaire et acromio-claviculaire)
De plus, on recherchera des contractures unilatérales des scalènes du côté du conflit.
TRAITEMENT OSTEOPATHIQUE
Le traitement commence toujours par une succession de manoeuvres dites de "traitement général ostéopathique", dont lobjectif est de parvenir à la levée des tensions musculaires loco-régionales par des techniques détirements rythmiques, de tractions axiales, de contractés-relâchés, inhibitions, etc. Dans ce cas, on cherchera tout particulièrement à améliorer lextensibilité des scalènes du côté du conflit.
Une ou plusieurs corrections articulaires spécifiques seront ensuite effectuées, selon les résultats des tests de mobilité et la ou les dysfonctions retrouvées.
La dysfonction la plus fréquemment retrouvée est la première côte dite en "inspir": restriction de labaissement physiologique de la première côte lors de lexpiration, élément majeur de compression des élément nerveux.
Ce traitement ostéopathique nexclut nullement la rééducation. En cas de présence dune cyphose dorsale ancienne, cette dernière reste indispensable au rééquilibrage postural.
5/ LEPICONDYLALGIE NEUROGENE
Cause beaucoup plus rare, elle résulte d'un syndrome canalaire au niveau de la gouttière bicipitale externe, concernant la branche postérieure du nerf radial.
Celui-ci peut être irrité soit par l'expansion externe du biceps, soit par une arcade fibreuse issue du court supinateur (arcade de Frohse). Selon certains auteurs, le geste du revers de tennis favoriserait la sollicitation de ce muscle et augmenterait les risques de compression du nerf entre ce muscle et son aponévrose de recouvrement, .
Cliniquement, ce syndrome se manifeste par une douleur partant du compartiment externe du coude irradiant le long de la face dorsale de l'avant-bras. Cette douleur à prédominance nocturne est associée à des troubles sensitifs de la face dorsale de la main, territoire du radial.
L'E.M.G. peut montrer, dans les formes graves, des signes de dénervation si la compression est importante et ancienne.
TRAITEMENT :
- infiltrations dans la zone de compression,
- parfois neurales chirurgicale.
CONCLUSION
L'abord d'une douleur de la face externe du coude nécessite un interrogatoire minutieux ainsi qu'un examen clinique programmé systématique du coude, de la ceinture scapulaire et du rachis cervical, qui permettent dans certains cas de mettre en évidence des signes en faveur d'une étiologie à distance du coude .
Loriginalité de la médecine manuelle ostéopathique est double:
- elle ajoute à l'examen clinique classique des tests de mobilité spécifique, se définissant comme des manoeuvres d'évaluation à la fois qualitative et quantitative des mouvements articulaires passifs. La médecine manuelle ostéopathique définit ainsi des dysfonctions réversibles de la mobilité articulaire selon les lois de la biomécanique articulaire.
- à chaque type de dysfonction correspond une technique dajustement spécifique. Cet aspect particulier qui met en relation une perturbation donnée de la mobilité articulaire avec une technique de traitement manipulatif est lune des caractéristiques principales qui différentie lostéopathie des autres écoles de médecine manuelle. Elle implique une connaissance approfondie de l'anatomie et des lois de la bio-mécanique articulaire, ainsi quun sens palpatoire développé.
Seul un médecin ostéopathe solidement formé au diagnostic en pathologie de lappareil locomoteur, à la pratique des tests et des manipulations ostéopathiques pourra assurer au patient, notamment en éliminant les contre-indications, un traitement efficace et sans danger.
BIBLIOGRAPHIE
1- GREENMAN Ph. - Université de médecine manuelle ostéopathique de Chicago-U.S.A.: "Principles of Manual Medecine" second edition -1996- Williams & Wilkins
2- MAIGNE R. : "Diagnostic et traitement des douleurs communes dorigine rachidienne" -1989- Expansion Scientifique Française
3- RODINEAU J. : "50 sites douloureux en traumatologie du sport: leur signification pathologique" -1999- Masson
4- SILVESTRE D., BAECHER R. : "Counterstrain : technique de médecine manuelle": Encycl Méd Chir (Elsevier, Paris) Kinésithérapie - Médecine Physique - Réadaptation 26-075-A-10
5- VAUTRAVERS Ph., LECOQ J.: Fréquence des accidents vasculaires après manipulations vertébrales cervicales. La Revue de Médecine Orthopédique N° 52, Mars 1998.
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