INTERVIEW DU PRESIDENT PUTZ,
VICE PRESIDENT AU TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE PARIS,
RESPONSABLE DU SERVICE DU CONTROLE DES EXPERTISES
Dr Martine TRAMBLAY (1) Dr Jacques CARZON (2)
Comment est mise en place la procédure dexpertise ?
Les Expertises dans le cadre du dommage corporel sont ordonnées soit dans le cadre de référés, dans le cas de procédures civiles, soit à loccasion de procédures pénales les parties se constituant parties civiles et sollicitant une expertise pour pouvoir évaluer la réalité et limportance de leur préjudice.
Si une victime nest pas satisfaite de la transaction avec les compagnies dassurances dans le cadre de la loi Badinter, elle vient trouver le juge. Celui-ci nécessairement ordonnera une nouvelle expertise.
Lexpert est là pour éclairer le Juge. Donc il est normal que le juge sappuie sur lexamen et lanalyse de lExpert, à la condition que lexpertise soit bonne
Quest-ce quune bonne expertise judiciaire ?
Cest le gros problème parce que la question se pose non seulement dans le domaine qui vous intéresse mais dans tout le domaine médical et dans toutes les disciplines.
Il me parait très important préalablement à lexamen de cette question que lexpert, qui est lauxiliaire du juge et non pas un auxiliaire de justice, doit être tout dabord un professionnel et un excellent professionnel cest à dire quelquun qui a lhabileté, qui a la compétence et qui est reconnu comme tel et au fond qui a le savoir et le savoir-faire dans sa spécialité.
Il ne peut y avoir de bonne expertise que si au départ il y a un bon expert.
Donc le bon expert, cest dabord le professionnel qui est incontesté, dont la compétence est incontestable et nest pas contestée dans son domaine dintervention.
Mais ce nest pas suffisant, il faut deuxièmement quil ait un savoir-faire expertal et troisièmement quil ait un savoir-faire expertal dans le domaine judiciaire.
Ces trois éléments, en particulier les deux derniers ne sont pas redondants.
On peut être un remarquable professionnel, un remarquable médecin et être un mauvais expert parce quon ne sait pas conduire des opérations dexpertise. On peut être également un mauvais expert judiciaire si on ne connaît pas évidemment les principes qui gouvernent la procédure civile ou la procédure pénale.
Tout ça est extrêmement important et jindique que cest précisément sur le savoir-faire expertal dans le domaine judiciaire que nous rencontrons le plus de problèmes car cette méconnaissance des règles va évidemment se traduire par un rapport qui ne sera pas exploitable et par conséquent ne sera pas dune grande utilité.
Je dis tout de suite, avant daborder les difficultés liées au rapport dexpertise que des progrès considérables ont été faits dans le domaine médical grâce aux médecins experts eux-mêmes, grâce bien sûr également à leurs associations, et puis grâce à laide de la justice puisque nous travaillons de concert à améliorer ces choses. Vous savez sûrement quà Paris, il y a chaque année une formation.
Pour les nouveaux experts, des colloques sont organisés. Cette année le colloque portait précisément sur le rapport dexpertise.
Une fois que nous avons un excellent professionnel, un professionnel au savoir-faire incontestable dans le domaine de lexpertise qui connaisse bien les règles de la procédure, encore faut-il effectivement que son rapport soit de qualité. Un rapport de qualité, cest un rapport qui permet de lire clairement la démarche à la fois matérielle et intellectuelle qui a été celle de lexpert.
Les remarques que je fais sappliquent vraiment au médical.
Mais dune façon générale, lexpert nest pas un devin et comme nous sommes dans le cadre dune procédure qui est une procédure strictement contradictoire, où tout doit être révélé, rien ne doit être caché. Il faut que lon puisse trouver à travers le rapport dexpertise les éléments qui ont permis à lexpert à partir des constatations cliniques, para ou péricliniques quil a pu faire : quelle a été sa démarche intellectuelle, quelle a été son analyse pour parvenir aux réponses aux questions posées par le tribunal.
Ce nest pas du tout évident, pourquoi ? Parce que la démarche que je viens de décrire se trouve aux antipodes de la démarche médicale traditionnelle. Je pense notamment aux principes de la contradiction, cest à dire à la transparence totale des actes et de la démarche de lexpert alors que le médecin lui au contraire est enfermé et le serment quil a prêté dans la religion du secret.
Lexpert doit avoir à mon sens une qualité qui nest pas forcément exigée pour la pratique quotidienne de son art ou de sa science, ce sont des qualités psychologiques. Cest fondamental et tous les bons experts vous le diront, lorsque lon reçoit un patient, un justiciable, il faut faire preuve dun minimum de savoir-faire, sans employer de terme un peu savant, même pas psychologique, je veux dire simplement relationnel. Il faut avoir le sens de la communication, avoir le sens de lentretien et cest vrai que très souvent, (ce nest pas uniquement vrai pour les médecins, cest aussi vrai dans toutes les autres disciplines), lexpert peut avoir tendance à se prendre pour un shérif, pour un policier, pour un juge dinstruction et à poser des questions qui effectivement sont très mal vécues et sont vécues comme une atteinte à lintégrité de la victime.
En revanche, il y a des experts qui sont beaucoup trop timorés. Ce sont des gens très savants dans leur science, dans leur domaine mais qui vont hésiter ou vont se faire "manipuler" non pas forcément par les patients, mais par leurs confrères, soit quils représentent les patients ou quils représentent les compagnies dassurances.
Il y donc un juste milieu, comme dans tout mais il est dur à trouver, mais cest vrai que lexpert nest ni un juge, ni un shérif, ni un juge dinstruction particulièrement, il est le sachant qui doit apporter un éclairage technique au juge de façon à lui permettre de répondre aux questions qui sont posées.
Le rapport dexpertise va être rédigé une fois que le travail préalable aura été fait, interrogatoire, doléances, examens cliniques, paracliniques, péricliniques. Lexpert va rendre son rapport et ce rapport doit avoir un certain nombre de qualités, il doit dabord être clair, ça parait peut être un truisme mais ce nest pas forcément une évidence au regard de ce quon voit tous les jours. Quand je dis quil doit être clair, il ne doit être ni édulcoré, les problèmes techniques, donc au demeurant médicaux ne doivent nullement être édulcorés, car il ne sagit pas de faire une espèce douvrage destiné au grand public. Sil y a des termes évidemment un peu compliqués, il ne faut pas hésiter à faire des renvois pour expliquer le sens de telle pathologie, ou éventuellement, un petit mot entre parenthèse
Le rapport est un document de travail technique qui doit être présenté clairement pour que non seulement le juge puisse le comprendre mais quil y ait une discussion, pour que les éléments de ce rapport puissent être bien sûr discutés par les médecins, les avocats.
Le rapport dexpertise médical doit être clair, précis, circonstancié, démonstratif par rapport à la conclusion à laquelle veut arriver le médecin, mais en aucun cas édulcoré ou vulgarisé.
Il ne faut pas quapparaisse dans le rapport dexpertise de préjugés dordre culturel ou philosophique, ni de préjugés au plan strictement médical.
Je veux souligner limportance quil y a pour lexpert de lire lintégralité de la mission.
Je suis personnellement hostile à la mission type qui a pour effet dendormir le juge et lexpert et je suis davantage actuellement beaucoup plus à la recherche de protocoles applicables à tel type de pathologie ou a tel type dexpertise qui auraient un tronc commun mais auxquels on ajouterait des modules qui seraient fonction de la pathologie ou du type dexpertise.
Dans le domaine de la réparation du préjudice corporel, cest vrai aussi quil y a un autre travers auquel il faut faire attention, cest de se montrer un peu trop concis dans les réponses et daffirmer les choses. Il faut quapparaisse clairement la démarche qui a été celle de lexpert pour arriver à répondre aux questions qui ont été posées.
Je le répète, le médecin nest pas un devin.
Voilà ce quest une bonne expertise, cest une expertise qui répond aux questions posées et qui y répond parfaitement, complètement, qui est claire, circonstanciée, charpentée et qui surtout ne comporte pas de raisonnement raccourci. Elle permet au juge et aux parties de bien vérifier, ce nest pas du tout quelque chose dattentatoire à quoi que ce soit de vérifier quelle a été la démarche.
Les expertises qui sont bien faites, bien motivées, bien circonstanciées sont généralement peu contestées parce quelles sont peu contestables.
Quels sont les problèmes rencontrés lors du choix dun expert ?
Il y a chronologiquement le problème de linscription sur une liste dexperts, il y a deuxièmement le problème de la désignation.
Vous savez quactuellement les experts sont inscrits près dune Cour dAppel sur une liste qui est la liste de chacune des Cours dAppel de France et ils peuvent être inscrits, agréés par la Cour de Cassation.
Les experts vont se porter candidats et faire valoir leurs états de service, leur compétence, leurs diplômes et éventuellement lexpérience quils peuvent avoir acquise dans lexpertise et en particulier dans lexpertise judiciaire car un tribunal peut très bien désigner un monsieur ou une dame qui nest pas expert pour accomplir une opération dexpertise. Il appartient à lAssemblée Générale de la Cour dAppel, une assemblée générale spécialisée dinscrire ou de ne pas inscrire les candidats qui se présentent chaque année. Cette assemblée générale se tient après que chacun des tribunaux de grande instance du ressort aient également tenu une assemblée générale pour émettre un avis sur les candidatures qui se présentent à elles, étant observé quun expert sinscrit toujours auprès du Procureur du lieu de son principal établissement professionnel. Vous êtes médecin, vous habitez Versailles et vous travaillez sur Paris vous êtes inscrit à Paris.
Il faut dabord partir des besoins. Avons nous ou pas des besoins dans telle ou telle spécialité.
Les besoins sexpliquent en fonction du nombre de départs à la retraite puisque lon est expert jusquà 70 ans, à 70 ans on devient honoraire. (on peut toujours être amené à faire des expertises lorsquon est honoraire mais on bascule dans un registre différent.)
On tient compte deuxièmement de la situation de la discipline dont il sagit.
Ensuite on va examiner les mérites des différents candidats et jindique tout de suite que si effectivement alors que les besoins existent les candidats sont mauvais, il ny a aucune raison que les candidats soient inscrits. La difficulté que lon rencontre tient aussi à la très grande disparité des disciplines expertales. Or actuellement chaque Cour dAppel a sa propre nomenclature.
Ces nomenclatures sont anciennes, elles ont été établies pour la plupart dans les années 70, elles sont souvent complexes, pour ne pas dire confuses, voire obsolètes et elles ne tiennent pas compte notamment de lémergence des spécialités nouvelles.
Cela crée un certain nombre de confusions et des problèmes en aval au niveau de la désignation des experts par les juridictions.
La chancellerie qui est consciente du problème a chargé les experts eux-mêmes dailleurs, la Fédération Nationale, de nourrir une réflexion là-dessus, à laquelle je suis associé et qui devrait déboucher sur le projet dune nomenclature nationale étendue à lensemble de la France et à lensemble des Cour dAppel de France et de Navarre et à la Cour de Cassation.
Cest un travail passionnant, extrêmement compliqué et qui paradoxalement est un peu plus sain concernant la médecine parce que vous êtes une profession réglementée. Il se trouve quà cet égard je peux indiquer que la Compagnie des Experts Médecins de la Région Parisienne a travaillé là-dessus puisque lannuaire 1998 a été fait à partir dune nouvelle nomenclature que javais suggérée fortement à son Président mais qui a été faite bien entendu avec laccord et du Ministère de la Santé, du Ministère de lEducation Nationale et du Conseil National de lOrdre des Médecins.
Il y a encore du travail à faire concernant la partie criminalistique parce que je suggère den faire un paquet interdisciplinaire rassemblant toutes les disciplines, quelles soient médicales ou pas, incluse même la reconnaissance décriture, dès lors quon utilise des méthodes scientifiques pour parvenir de lindice à la preuve. Cette nomenclature qui est fondamentale conditionne à la fois la qualité de linscription des experts, en tout cas elle y participe fortement et aussi la qualité de la désignation.
Le travail quon peut évoquer actuellement consisterait à créer une nomenclature à trois niveaux. Un premier niveau qui est le niveau de branche qui a une connotation économique qui na pas dautre conséquence que dêtre la suma division, pour vous ça serait SANTE tout simplement ensuite, ce quon appelle la discipline et la discipline cest ce qui permettra dans lavenir dinscrire les experts et elle aura par rapport à lexistant quon constate dans les différentes Cour dAppel, un caractère plus générique, plus large que les concepts actuellement décrits et retenus mais beaucoup plus précis dans leur définition, dans leur acception, ne serait-ce que parce que la définition sera nationale, il y aura beaucoup moins de difficulté.
Alors, pour prendre exemple de la médecine, la discipline nest pas médecin, cest déjà médecin chirurgien, médecin généraliste, médecin psy etc.
Un troisième niveau qui lui servira davantage à la désignation, dans chacune des missions dexpertises, cest celui de la spécialité (chirurgien viscéral, vasculaire).
Cest lidée que jai suggérée de créer, notamment avec vos confrères de Paris un Thesaurus qui permettra à partir dun certain nombre de problèmes rencontrés par les gens, quon puisse grâce au thesaurus retrouver tout de suite la spécialité et la discipline et par conséquent après retomber sur lannuaire des médecins.
Bien sûr tout cela suppose évidemment la confection dun CD rom parce quon voit mal utiliser un thesaurus sur papier dautant que cette idée couvre lensemble des activités expertales.
Notre souci est doffrir au juge les moyens pour bien cibler la demande dexpertise de façon à ce que dans votre domaine il ny ait pas derreur sur la discipline et pour que ce ne soit pas aux parties de désigner lexpert.
Je pense quon aidera dautant mieux le juge à trouver le bon expert que lassignation sera suffisamment spécialisée, pas forcément sur la pathologie encore quil y ait toujours un médecin derrière, qui est le médecin traitant, mais au moins sur une explicitation des doléances.
Comment envisagez-vous lévolution de lexpertise judiciaire face au monde de lassurance ?
Cest vrai quil y a un pan complet de lexpertise ou plus exactement de la résolution des problèmes qui se font hors du champ judiciaire. La loi Badinter y invite et je crois que cest une bonne chose dans la mesure ou chaque partie a toujours la possibilité de saisir la justice lorsquelle nest pas satisfaite des offres qui lui sont faites.
Je pense quil est important que le monde de lexpertise judiciaire connaisse mieux le monde de lexpertise dassurance et réciproquement.
Actuellement, vous le savez, sur Paris, il y a une règle absolument draconienne que nous suivons : il est hors de question dinscrire en qualité dexpert un médecin qui fait de lexpertise auprès des compagnies dassurances.
Je ne suis pas naïf au point de penser que certains nen font pas mais en tout cas nous ne le savons pas et les enquêtes que nous conduisons ne nous ont pas permis de le savoir.
En revanche, je pense quil est fondamental quil y ait un rapprochement pour quon se connaisse mieux et quon connaisse mieux nos propres procédures, notre propre manière de voir. Cest la raison pour laquelle jai accepté de faire des cours à la faculté de médecine dans le cadre du CAPEDOC qui prépare essentiellement au monde de lassurance. Il est clair que le discours que je tiens est un discours judiciaire car cest le seul que je suis capable de tenir, face à des gens qui sont déjà médecins.
Il sagit de médecins pour certains qui ont une expérience dune dizaine dannées.
Cest vrai que jai été assez surpris de voir que mon discours semblait les intéresser à telle enseigne que je les ai invités à venir au colloque de cette année et quun certain nombre dentre eux sont venus et en étaient satisfaits car cest vrai que les logiques, les règles ne sont pas les mêmes.
Pour autant donc je vois lévolution davantage dans ce sens, dans le sens dun rapprochement des personnes et dune meilleure compréhension mutuelle, sachant que nos règles ne sont pas les mêmes, que nos principes ne le sont pas davantage et quil faut savoir appeler un chat un chat et quune expertise judiciaire ne saurait être confondue avec une expertise dune compagnie dassurance, la même chose étant vraie dans lautre sens.
Donc jai eu des contacts notamment avec la responsable du CAPEDOC mais pour autant nous savons tirer notre frontière à chacun. Pourquoi ? Parce que tout simplement et ça cest un peu le maître mot de lépoque actuelle, nous ne pouvons pas fonctionner dans aucune discipline sans comprendre les gens qui fonctionnent autour de nous, ça me parait fondamental.
Ca cest peut être dans ce rapport général comme la dit le Professeur VAIRE, le trait marquant des relations médecin-magistrat des dernières années, on a tous fait des pas en avant pour se rencontrer et cest vrai que quelque part, il le dit publiquement donc je le répète, cest quelque part "une espèce de révolution culturelle".
Je participe beaucoup à la formation des médecins dans le domaine de lexpertise et bien sûr sur les questions de nomenclature.
Donc je pense que ça cest quelque chose qui me parait fondamental et ce qui est vrai entre médecins et magistrats lest également entre magistrats, entre les gens qui font de lexpertise judiciaire et ceux qui travaillent uniquement dans le domaine de lassurance, mais pour autant il me parait fondamental de bien cerner les choses et de ne pas créer de confusion, ni den entretenir soit même.
Il est difficile dêtre médecin conseil auprès des assurances et expert judiciaire à Paris mais quen est-il en province ?
Oui, tout à fait mais pour une raison très simple qui nest pas du tout conceptuelle, qui est un problème quantitatif et non pas qualitatif, cest à dire quils nauraient personne. Ce qui implique à mon sens de la part de lexpert judiciaire qui soccuperont à la fois et de la compagnie dassurance et du recours une très grande maîtrise de son éthique personnelle.
Cest un peu ma position, car il y a des domaines où on ne peut pas séparer les choses artificiellement.
Je disais tout à lheure que lexpert doit être un grand professionnel, or vous avez dans certains secteurs, dont un secteur très connu, celui des ascenseurs, par le truchement des concentrations économiques, vous avez 3 ou 4 entreprises en France. Si vous voulez, quelquun qui soit vraiment au fait des techniques en matière dascenseur, vous êtes obligé de prendre quelquun qui a nécessairement travaillé dans lune de ces compagnies. Je préfère personnellement déplacer le problème et prendre des gens compétents en insistant beaucoup sur laspect déontologique ou éthique car à mon sens les deux mots ont à peu près la même acception dans le domaine de lexpertise puisque lexpertise nétant pas une profession, il ny a pas de déontologie puisque la déontologie étant propre à une condition.
Je mets davantage laccent sur la déontologie ou léthique en disant attention pas de mélange des genres. Mais si une fois que lexpert est pleinement informé de ses devoirs et de ses obligations, il est clair que si je constate un dérapage, les choses iront très mal pour lui, ça me parait normal.
Je ne prêche pas du tout une séparation tranchée des choses.
Il se trouve quà Paris nous avons un contentieux très spécialisé pas forcément dans le domaine de la réparation du préjudice corporel mais dans le domaine de la responsabilité médicale, dans le domaine aussi de la médecine légale, donc il est normal, comme nous avons également un gisement très important de médecins candidats, nous avons la possibilité justement de faire ce choix de prendre des gens qui soient à la fois experts judiciaires et experts des compagnies dassurances.
Je pense quen province, mes collègues doivent veiller farouchement au respect de léthique que jévoquais à linstant.
Voilà, que vous dire de plus sur lévolution des expertises judiciaires face au monde de lassurance, cest que nos objectifs ne sont pas forcément les mêmes, nos moyens pour y parvenir ne sont pas les mêmes. Car nous sommes sur un terrain très souvent extra-contractuel puisque notamment en matière de réparation du préjudice corporel, ce qui nous importe cest de vérifier la réalité des dommages et de les indemniser. Nous ne sommes par enfermés dans la logique du contrat dassurance sauf évidemment la justice déplace le problème et saisit à cet effet laction récursoire, mais face à la victime le problème ne se pose pas essentiellement en terme de contrat. Il se pose en tout cas par rapport à la mission dexpertise médicale tout simplement par rapport à la victime, le problème est de savoir quels sont les dommages quelle a effectivement subi et comment faut-il les réparer.
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