PLACE DE L'ISOCINETISME ET EVOLUTION DES METHODES THERAPEUTIQUES
Dr M.J. DE BROUCKER (1) Dr F. GOUGEON (2)
Deux grands groupes de syndromes fémoro-patellaires doivent être différenciés :
En effet, deux groupes de facteurs sont déterminants dans la genèse des syndromes rotuliens : les facteurs osseux dominés par la dysplasie de la trochlée fémorale, et les facteurs musculaires.
1 - Principales étiologies
11 - Les anomalies osseuses regroupent la dysplasie
de la trochlée fémorale, la position trop externe de la tubérosité tibiale antérieure
(TTA) et les anomalies de rotation des membres inférieurs. La dysplasie de la trochlée
fémorale est composée de 2 éléments :
En fonction de la survenue plus ou moins haute de ce signe du croisement trois stades
de dysplasie peuvent être définis. Le stade 1 correspond à une trochlée insuffisamment profonde. Le stade 2 correspond à une trochlée dont la facette interne est très insuffisante. Au stade 3 la facette interne a complètement disparu et la trochlée se résume à une
facette externe surmontant le condyle externe, convexe dans tous les plans, et regardant
strictement en avant (fig 1). La position "trop externe" de la Tubérosité Tibiale Antérieure constitue
une situation anatomique fréquente. Nous considérons que l'implantation de la
Tubérosité Tibiale Antérieure (TTA) ne doit être considérée comme en situation
externe que si la baïonnette ne s'annule pas cliniquement entre 30 et 40° de flexion. La
mesure radiologique de la distance TA/GT n'est fiable qu'à condition d'une grande rigueur
de réalisation. Les anomalies de rotation des membres inférieurs ont été analysées par Jean Luc
LERAT, puis Henri DEJOUR. Aucune corrélation significative entre les différents
morphotypes et une symptomatologie antérieure douloureuse du genou n'a pu être mise en
évidence par ces auteurs.
12 - Parmi les anomalies des parties molles deux éléments sont importants : les anomalies musculaires (dysplasie du quadriceps, rétraction des muscles ischio-jambiers) et les anomalies de longueur du tendon rotulien.
121 - Le rôle de la dysplasie du quadriceps n'a pas été objectivé dans une première étude réalisée par Henri DEJOUR qui n'a pas montré de relation significative entre la morphologie du muscle vaste médial étudiée au scanner et l'existence d'un syndrome douloureux antérieur. Une telle étude devrait être reprise en analysant de façon simultanée le vaste médial et le vaste latéral. Il nous semble en effet que la dysplasie d'insertion basse du quadriceps est constituée par une véritable inversion de la hauteur d'insertion respective du vaste médial et du vaste latéral (fig 2). La dysplasie musculaire peut également comporter une brièveté quadricipitale. La rétraction du droit antérieur peut en effet être congénitale, culturelle, surtout iatrogène, favorisée en particulier par de trop nombreuses séances de rééducation du quadriceps en extension et en isométrique. A côté de ces anomalies constitutionnelles, les anomalies musculaires sont souvent constituées par une amyotrophie ou simplement un déséquilibre entre les différents chefs du quadriceps, ou entre les muscles antérieurs et postérieurs.
122 - La rétraction des ischio-jambiers est une anomalie très fréquemment rencontrée. Dans notre expérience elle peut suffire, à elle seule, à induire par déséquilibre entre muscles antérieurs et postérieurs un syndrome douloureux antérieur. Elle peut être associée à une insuffisance fonctionnelle ou organique du groupe musculaire postérieur.
123 - Anomalies tendineuses : Parmi les anomalies de longueur du tendon rotulien, la patella alta vraie favorise la survenue d'une pathologie de l'engagement de la rotule dans la trochlée fémorale d'autant plus qu'existe une saillie de la trochlée fémorale. Une situation analogue est rencontrée dans les cas de pseudo-patella alta par genu recurvatum qui favorise également un conflit d'engagement de la rotule. La patella alta favorise également l'instabilité de la rotule.
13 - L'analyse de ces facteurs étiologiques fournit un élément pronostic en fonction de l'existence ou non d'une dysplasie. L'étude de Gilles WALCH et Henri DEJOUR apporte les premiers renseignements chiffrés.
Dans la série de ces auteurs les dysplasies de grade 1 ont un âge moyen de début des troubles de 24,3 ans (de 8 à 60 ans). Les dysplasies de grade 2 ont un Âge moyen de début des troubles de 19 ans (de 7 à 64 ans), les dysplasies de grade 3 de 15 ans (de 8 à 43 ans).
L'analyse à long terme de ces patients montre que les dysplasies luxantes asymptomatiques sont surtout de type 1. Le délai d'apparition de l'arthrose est très long, supérieur à 40 ans après le début des troubles. Pour les dysplasies de grade 2 et 3 l'arthrose survient en moyenne 31 ans après le début des troubles, alors que l'Âge moyen des patients n'est que de 45,2 ans. Dans les formes de syndrome rotulien douloureux sans dysplasie de la trochlée fémorale, Henri DEJOUR estime sur une population de plus de 200 patients suivis plus de 10 ans que l'évolution arthrosique est très peu probable, et qu'en tout état de cause dans l'état actuel de nos connaissances, elle n'a pu être prouvée chez aucun patient à ce délai.
2 - Schémas thérapeutiques en fonction de l'étiologie
21 - Nous envisagerons successivement les syndromes douloureux avec dysplasie de grade 1 puis de grade 2 et 3, et les syndromes douloureux sans dysplasie par anomalie musculaire, syndrome d'engagement, syndromes frontaux, syndromes secondaires.
211 - Dans les cas de dysplasie de grade 1, il faut différencier les cas où existe une instabilité objective (antécédents de luxations) de ceux où la rotule ne s'est jamais luxée. Dans le premier cas (instabilité objective), nous proposons une kinésithérapie initiale suivie d'un nouveau bilan fonctionnel médico-chirurgical et isocinétique à la fin de la rééducation de façon à poser en cas d'échec une indication chirurgicale. Cette indication peut être soit un abaissement de la TTA soit une trochléoplastie. Dans le second cas, s'il n'y a pas d'instabilité rotulienne (instabilité potentielle) l'indication thérapeutique est toujours une indication de rééducation.
212 - Dans les cas de dysplasie de grade 2 ou 3, la décision
thérapeutique est plus aisée à prendre.
a Les patients jeunes et instables avec dysplasie sévère relèvent pour nous d'une
indication chirurgicale dès la première luxation. La rééducation pré opératoire nous
parait dans ces cas inutile et de toute façon habituellement impossible en isocinétique.
b En cas d'instabilité potentielle, c'est-à-dire de dysplasie même sévère mais
sans luxation il n'y a pas pour nous d'indication opératoire. L'élément principal du
traitement nous parait être l'explication claire au patient du pronostic de l'affection
afin d'obtenir le ralentissement de l'activité sportive seul moyen de retarder
l'inéluctable évolution arthrosique. La rééducation peut être indiquée en cas de
déficit musculaire patent ou prouvé par le bilan isocinétique.
c celui de l'adulte jeune avec habituellement une dysplasie sévère, une articulation
fémoro-patellaire déjà arthrosique, qui continue à présenter des luxations de la
rotule. Dans ces cas, une trochléoplastie accompagnée d'un geste de rééquilibrage des
parties molles est indiquée. d Le dernier tableau est celui de l'arthrose fémoro-patellaire du sujet de 60 ou 70
ans sur une dysplasie moins sévère. Notre attitude est très peu interventionniste chez
ces patients car cette arthrose est habituellement relativement bien tolérée. Dans les
cas ou malgré la rééducation, la gène fonctionnelle reste importante, si les douleurs
externes sont prédominantes nous proposons une patellectomie externe partielle
accompagnée ou non d'une médialisation sans avancement de la TTA ; si l'instabilité du
genou est au premier plan nous procédons à l'implantation d'une prothèse
fémoro-patellaire.
22 - Devant un syndrome douloureux sans dysplasie de la trochlée fémorale, le schéma thérapeutique dépend des anomalies rencontrées.
221 - La rétraction des ischio-jambiers constitue une cause très fréquente de syndrome rotulien favorisé chez le sportif par l'absence d'étirements. On la rencontre le plus souvent chez le marcheur en montagne, le coureur de fond sur terrain dur, parfois le cycliste. L'analyse isocinétique de ces patients nous a montré que les ischio-jambiers rétractés avaient une valeur fonctionnelle médiocre et qu'il suffit de les étirer pour obtenir une normalisation de leur fonction. Ce syndrome relève donc de la rééducation.
222 - La brièveté du quadriceps peut être soit constitutionnelle, la brièveté portant alors sur le droit antérieur, soit acquise. Certains auteurs proposent lorsqu'elle est constitutionnelle une ténotomie d'allongement du muscle droit antérieur ; lorsqu'elle est acquise la rééducation est indiquée.
223 - La patella alta lorsqu'elle est à l'origine d'un syndrome d'engagement pourra être traitée par la rééducation à condition de respecter deux règles essentielles : cette rééducation ne doit jamais être faite à proximité de l'extension complète, zone du conflit, et elle doit comporter un travail d'étirement du quadriceps et de renforcement des ischio-jambiers. En cas d'échec il ne faut pas hésiter à proposer un geste d'abaissement de la rotule et il n'est alors pas rare de mettre en évidence lors de l'intervention une zone de chondrite très préoccupante de la partie basse de la facette interne.
224 - Le syndrome d'hyperpression externe (syndrome frontal)
peut être lié :
Dans plus d'un cas sur deux la rééducation est efficace sur ce syndrome douloureux.
Une partie importante de la moitié restante des patients parvient à contrôler son
syndrome douloureux en adaptant son activité, en particulier en renonçant à la pratique
sportive. Il nous semble qu'il faille réserver un éventuel geste chirurgical à de rares
cas particuliers. Nous posons alors l'indication d'une transposition de la TTA et nous
préférons une plastie de l'insertion basse du vaste latéral à la simple section de
l'aileron rotulien externe.
225 - Parmi les syndromes rotuliens secondaires 3 grands
cadres peuvent être différenciés : la "rotule forcée", les accidents du
travail, les syndromes iatrogènes.
3 - Principes de la rééducation isocinétique
31 - Elle est toujours précédée par la
réalisation d'un bilan isocinétique. Ce bilan est réalisé au décours de la première
consultation, et ce premier test est pris en compte. Nous ne rencontrons habituellement
pas de problèmes liés à l'apprentissage. Un test intermédiaire est pratiqué vers la
15e séance. Un test final est réalisé après 30 séances en même temps qu'une
évaluation fonctionnelle et un examen clinique. Le test est réalisé sur un dynamomètre
BIODEX Il est précédé d'un échauffement de 10 mn sur bicyclette ergométrique à 60
Watts. Si cet échauffement est impossible le test est différé. Il est très important
que l'installation soit identique lors de chaque test. Les patients sont sanglés en
position assise. Le test utilise toute l'amplitude articulaire. Il est réalisé en
concentrique, à trois vitesses :
Une minute de repos est observée entre chaque série. Le premier test permet de
déterminer les modalités de la rééducation. Le test intermédiaire permet d'adapter la
poursuite du traitement rééducatif. Le test pratiqué à l'issue de la première série
de séances de rééducation permet d'évaluer l'efficacité des techniques utilisées, et
de juger de la nécessité de poursuivre la rééducation. En l'absence d'amélioration du
test final la rééducation est interrompue. L'interprétation des tests porte sur 2
sortes de données : les valeurs chiffrées et la forme des courbes. Parmi les valeurs chiffrées, sont importantes les déficits du quadriceps et des
ischio-jambiers du côté lésé par rapport au côté sain, les moments maximaux du
quadriceps et des ischio-jambiers, le rapport ischio-jambiers / quadriceps, aux trois
vitesses. Ce rapport doit normalement augmenter avec la vitesse du mouvement. Il est
souvent voisin de 50% à 90°/sec. En cas de pathologie bilatérale l'analyse ne peut plus
faire appel à la comparaison avec le côté sain. L'évaluation du déficit se fait pour
nous à partir de la valeur absolue du moment maximal selon des valeurs liminaires que
nous avons établies de façon expérimentale (Tableau 1). (Entre 2,5 et 3,2 Nm/Kg ) L'analyse des courbes à 90°/sec permet la détermination d'un secteur d'inhibition
douloureuse reflet d'une mauvaise contraction musculaire. L'anomalie de la courbe doit pour être signifiante être retrouvée sur l'ensemble des
répétitions d'une vitesse considérée. (fig 3)
32 - Le renforcement musculaire isocinétique est
toujours associé à des techniques sédatives : massage, physio-thérapie, et à des
étirements musculaires du quadriceps et/ou des ischio-jambiers et/ou du tenseur du
fascia-lata utilisant des techniques conventionnelles et des techniques de stretching. Le
renforcement musculaire est réalisé en isométrique et en isocinétique excentrique,
concentrique sous maximal sur le quadriceps, et/ou sur les muscles ischio-jambiers en
fonction des déficits. Le travail est réalisé dans le secteur d'inhibition douloureuse
déterminée par le premier test, de façon à améliorer la fonction musculaire dans ce
secteur, en disposant d'un secteur utile d'au moins 60° par agrandissement de part et
d'autre de la zone strictement pathologique. Si la douleur rend le travail impossible dans
ce secteur la rééducation est réalisée de part et d'autre, en gagnant progressivement
sur la zone douloureuse en fonction de l'amélioration des symptômes (fig 4). Le
renforcement isométrique est pratiqué sur l'appareil BIODEX. Il comporte 3 à 5 séries
de contractions tenues 8 secondes et suivies d'un repos de 8 secondes, pratiquées tous
les 10 à 20° degrés selon l'importance du secteur d'inhibition douloureuse dans lequel
le travail est réalisé. Le renforcement isocinétique se fait sur le mode passif par 3
séries de 10 contractions en excentrique et concentrique sous maximal dans le secteur
angulaire précédemment déterminé. Il s'agit d'un travail progressif utilisant des
vitesses lentes, 10°/sec et un faible moment maximal (20 N/m) au début de la
rééducation. Vitesse et résistance sont alternativement augmentées dès que les 3
séries de 10 répétitions sont effectuées facilement. En fin de rééducation la
vitesse et la résistance sont habituellement de l'ordre de 70°/sec et de 70N/m. La
kinésithérapie est prescrite pour 30 séances à raison de 3 séances par semaine. La
rééducation peut être adaptée en fonction de différentes situations particulières :
La rééducation isocinétique doit toujours rester indolore, aussi bien au moment de
la réalisation de l'exercice que dans les heures qui suivent. En utilisant notre
protocole nous n'avons jamais observé de syndrome douloureux retardé. En cas de douleur
durant l'exercice, nous diminuons soit la vitesse, soit le moment, soit le plus souvent
les deux, jusqu'à l'indolence. Il est également possible, de supprimer l'arc douloureux
en modifiant le secteur de travail.
4 - Résultats
Une série continue de 68 patients a été analysée pour ce travail, tous recrutés par le biais d'une consultation chirurgicale. Ils présentaient tous un syndrome rotulien sévère, 80% d'entre eux (55 genoux) avaient déjà bénéficié d'une rééducation antérieure conventionnelle prolongée plus de 20 séances. 81 genoux chez 68 patients ont ainsi été évalués, 13 fois la pathologie était bilatérale. 51 genoux étaient féminins, et 30 masculins, la moyenne d'âge était de 27 ans (minimum 15, maximum 46 ans). 26 genoux avaient déjà eu un geste chirurgical antérieur. Lors du bilan isocinétique initial, le quadriceps était déficitaire 54 fois, non déficitaire 27 fois. Les muscles ischio-jambiers étaient déficitaires 54 fois, et non déficitaires 47 fois.
Pour les 28 genoux pour lesquels nous disposions d'un bilan radiologique suffisant, une dysplasie de la trochlée fémorale a été retrouvée 19 fois, 15 fois de grade 1, 4 fois de grade 2. L'évolution fonctionnelle a utilisé 1 cotation à points négatifs ou la meilleure note était 9, la moins bonne 25.
41 - Résultats fonctionnels globaux
58 genoux sur les 81 ont été améliorés. Le score fonctionnel global moyen est passé de 15.2 à 12.1 soit une amélioration de 3.1 points. L'amélioration des scores fonction-nels avant et après rééducation était statistiquement liée à l 'effet de la rééducation. (p<0,001).
42 - Résultats sur la fonction musculaire du quadriceps.
61 patients sur les 81 patients ont eu un gain de force musculaire concentrique significatif, > à 10% de la force initiale, 10 patients ont eu une perte de force musculaire. Pour l'ensemble de la série (68 patients), l'amélioration du pic de couple du quadriceps à 90°/sec a été en moyenne de 31Nm, soit une amélioration moyenne de 35% par rapport à la force musculaire initiale. Cette amélioration de force a été en moyenne de 47% par rapport à la force initiale pour les 54 patients qui présentaient un déficit musculaire initial, alors qu'elle n'a été que de 9% pour le groupe des patients initialement, non déficitaires (27 patients). Le gain de force quadricipital était significativement supérieur lorsque existait avant la rééducation un déficit musculaire (p<0,0009).
43 - Résultats sur la fonction musculaire des ischio-jambiers.
60 patients sur les 81 patients ont eu un gain de force musculaire concentrique significatif, > à 10% de la force initiale, 10 patients ont eu une perte de force musculaire. Pour l'ensemble de la série (68 patients), l'amélioration du pic de couple des ischio-jambiers à 90°/sec a été en moyenne de 19N/m, soit une amélioration moyenne de 36% par rapport à la force musculaire initiale. Cette amélioration de force a été en moyenne de 62% par rapport à la force initiale pour les 34 patients qui présentaient un déficit musculaire initial, alors qu'elle n'a été que de 16% pour le groupe des patients initialement, non déficitaires (47 patients). Le gain de force des ischio-jambiers était significativement supérieur lorsque existait avant la rééducation un déficit musculaire (p<0,0009).
44 - Corrélation entre amélioration clinique et amélioration musculaire.
Pour simplifier l'étude entre les résultats cliniques et l'évolution de la force musculaire, nous avons regroupés les résultats en 2 classes : résultats bons et très bons d'une part, résultats moyens et mauvais d'autre part.
Pour le quadriceps, sur les 61 genoux dont la force musculaire était améliorée, 51 avaient un résultat bon ou très bon, 10 un résultat moyen ou mauvais. Une corrélation statistique très significative a été trouvée entre l'existence d'un gain de force sur le quadriceps, et l'amélioration du score fonctionnel (p<0,0014).
Pour les ischio-jambiers, de même, sur les 60 genoux dont la force musculaire était améliorée, 48 avaient un résultat bon ou très bon, 12 un résultat moyen ou mauvais. Une corrélation statistique très significative a été trouvée entre l'existence d'un gain de force sur les muscles ischio-jambiers, et l'amélioration du score fonctionnel (p<0,0017).
45 - Résultats en fonction du bilan radiologique (28 genoux)
Nous avons étudié l'existence d'une corrélation entre les différents signes radiologiques et l'amélioration clinique à la fin de la rééducation (résultats bons et très bons d'une part, moyens et mauvais d'autre part). Il existait une corrélation hautement significative entre l'existence d'une dysplasie de trochlée fémorale et le résultat clinique (p<0,0089).
46 - Evolution au plus long recul
44 genoux ont pu être évalués avec un recul moyen de 19 mois après la fin de la rééducation (minimum 4, maximum 46 mois). Pour ces 44 genoux, le score global clinique est passé de 11,20 à 11,5 soit une différence non significative. Il n'y avait pas non plus de différence significative dans l'évaluation isocinétique.
5 - Conclusion
L'analyse rigoureuse du syndrome douloureux antérieur permet de quantifier la gêne fonctionnelle et donc d'adapter l'importance de la réponse thérapeutique. Cette analyse doit déterminer l'étiologie et en particulier rechercher une dysplasie trochléenne dont nous avons vu le retentissement sur le risque arthrosique. La rééducation peut ainsi être modulée en fonction de l'étiologie. En cas de besoin elle peut être guidée par un bilan isocinétique. La chirurgie a pour nous essentiellement une place dans le traitement des instabilités rotuliennes objectives. La rééducation isocinétique n'est prescrite qu'après échec de la rééducation conventionnelle. Elle se fait pour nous en excentrique-concentrique sous maximal dans la zone d'inhibition douloureuse.
Elle est d'autant plus efficace qu'il existe un déficit musculaire initial. L'amélioration clinique est parallèle à l'amélioration de la force musculaire, et au recul de notre étude parait stable dans le temps.
(1) Clinique de Villeneuve d'Ascq
109, rue d'Hem
59650 VILLENEUVE D'ASCQ
(2) CHR & U de LILLE
SERVICE D'ORTHOPEDIE D
Hôpital R. Salengro
2, av. Oscar LAMBRET
59037 LILLE CEDEX
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